Roland Barthes -Fragments d un discours amoureux

LIVRES

ROLAND BARTHES

1.
Fragments d’un discours amoureux

Le désir de connaître mais aussi la troublante expérience de l’embarras et du tâtonnement confèrent à la réflexion philosophique sa dimension érotique. Pour les mêmes raisons, l’amour est philosophie : l’amoureux s’arrache à son propre point de vue pour porter sur lui-même et le monde le regard d’autrui, subit l’épreuve du doute après l’enthousiasme et nourrit sa réflexion d’incertitudes. Il ne sait plus ce qu’il sait, cherche ses mots, ne sait comment définir l’être aimé et craint d’être sot. Cette hésitation essentielle l’affranchit de la présomption et de l’idiotie. L’idiot, en effet, ne connaît pas l’amour et ses dérèglements : il est partout chez lui, jamais troublé ni dérangé par personne. Dans ces Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes nous permet de saisir à quel point l’amour, loin de nous rendre aveugles, est éclairant. Lumineuse expérience de la relativité de soi et de tout, l’amour brise la cohérence préétablie de nos pensées toutes faites et des discours les mieux rodés. Un livre éclatant, à lire éperdument.

2.
Journal de deuil
26 octobre 1977 – 15 septembre 1979

Le journal intime écrit par Roland Barthes dans les mois qui ont suivis la mort de sa mère, l’être cher par-dessus tout, en automne 1977. La Chambre claire évoquait déjà largement ce deuil douloureux, qui transforme complètement le regard de Barthes sur la photographie, désormais vu comme le lieu d’une possible résurrection de l’être perdu. Ici, nous sommes tout à la fois dans un constat détaillé et dans une interrogation intime et philosophique du deuil, absolument singulier, impartageable. Cet inédit est une pièce décisive dans la compréhension de Roland Barthes, qui aura vécu toute sa vie auprès de sa mère et ne lui aura survécu que trois ans, les années de l’impossible deuil. Un document émouvant, rédigé au jour le jour en brefs fragments qui, comme toujours chez Barthes, dépassent l’expérience personnelle pour toucher à l’universel. Nous sommes tous porteurs d’un deuil, et celui-ci nous touche, nous éclaire.

3.
Le degré zéro de l’écriture

Le degré zéro de l’écriture dans toute l’œuvre littéraire s’affirme une réalité formelle indépendante de la langue et du style: l’écriture considérée comme le rapport qu’entretient l’écrivain avec la société, le langage littéraire transformé par sa destination sociale. Cette troisième dimension de la Forme a une histoire qui suit pas à pas le déchirement de la conscience bourgeoise : de l’écriture transparente des Classiques à celle, de plus en plus trouble, du XIXe siècle, puis à l’écriture neutre d’aujourd’hui. Cette relation entre Littérature et Histoire (entre l’écrivain et la société) est illustrée par huit “Nouveaux Essais critiques” (ici réunis pour la première fois) sur divers auteurs, de La Rochefoucauld et Chateaubriand à Flaubert, Proust, Verne, Loti…

4.
Le plaisir du texte

Que savons-nous du texte ? La théorie, ces derniers temps, a commencé de répondre. Reste une question : que jouissons-nous du texte ? Cette question, il faut la poser, ne serait-ce que pour une raison tactique : il faut affirmer le plaisir du texte contre les indifférences de la science et le puritanisme de l’analyse idéologique; il faut affirmer la jouissance du texte contre l’aplatissement de la littérature à son simple agrément. Comment poser cette question? Il se trouve que le propre de la jouissance, c’est de ne pouvoir être dite. Il a donc fallu s’en remettre à une succession inordonnée de fragments facettes, touches, bulles, phylactères d’un dessin invisible : simple mise en scène de la question, rejeton hors-science de l’analyse textuelle.

Vous pouvez voir une interview de Roland Barthes au sujet de ce livre, ici :

Mythologies

L’Antiquité avait son Oedipe, le Grand Siècle son roi Soleil, et voilà que Barthes donne à la France de l’après-guerre ses nouveaux emblèmes: la DS Citroën, le Tour de France, le steak frites… Tous objets d’un culte bourgeois, ils deviennent de véritables mythes pour une société qui finit par se penser à travers eux. Mais si Barthes se penche avec la rigueur de l’ethnologue sur ces nouveaux mythes, c’est pour mieux en dénoncer les mécanismes: l’idéologie dominante ne s’inventerait ainsi des valeurs que pour légitimer des “normes bourgeoises” qui en manquent singulièrement… Écrites quotidiennement de 1954 à 1956, ces mythologies déploient une écriture fine, cultivée et juste, à lire comme autant de petites chroniques savoureuses. Toutefois, on les retiendra avant tout pour l’actualité de leurs propos: sur le même modèle, on trouverait sans peine de nouvelles mythologies, qui ne seraient sans doute pas très éloignées de celles que Barthes, en son temps, mettait en évidence.

Vous pouvez écouter l’auteur à propos de ce livre, ici :

France Culture
Mythologies – Barthes

Qu’elles parlent de la DS, des studios Harcourt, de Minou Drouet, du Tour de France ou du bifteck-frites, les Mythologies de Roland Barthes ne sont pas un catalogue des objets du passé mais un dictionnaire des images reçues, dont le sens et l’intention comptent moins que la signification. Ou dont le prix compte moins que la valeur.
Nées de l’intolérance aux effets de pouvoir que recouvrent les évidences, les Mythologies dynamitent, de l’intérieur, le système marchand, avec cent fois plus d’efficacité que La société du spectacle de Guy Debord. Mieux vaut décrypter ce qui semble aller de soi que dénoncer tout ce qui ne va pas. Mieux vaut interpréter le monde que le transformer.

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